Banniere

 

Mireille Gérard expose

Du 22 septembre au 7 octobre

du mercredi au dimanche - de 14h30 à 18 heures

Ansart, rue du Centenaire, 23

L'artiste, Mireille Gérard

            Dire que l’histoire de la peinture de Mireille Gérard a commencé par une fenêtre serait peut-être excessif. Sans pour autant trahir la vérité. Au propre, parce que l’artiste a beaucoup aimé les fenêtres et en a tout un temps nourri et avec passion son œuvre (voir https://mireilleansart.wordpress.com/galeries/theme/), et au figuré parce que chaque toile est une fenêtre ouverte sur un manque, un besoin, un espoir voire même une détresse.

            Triste, pessimiste, l’art de Mireille? Loin de moi cette idée. Oui, c’est vrai, la solitude imprègne la plupart de ses toiles. Les personnages, les arbres y sont souvent solitaires. Et quand ils ne le sont pas, le dialogue n’est pas toujours le point saillant. Dans les toiles aux espaces prépondérants en tout cas.

             Les personnages chapeautés – titre donné à l’une des «galeries» du site de l’artiste – (voir https://mireilleansart.wordpress.com/theme-en-construction/) ont, pour leur part, un langage bien à eux. Tantôt par leur regard, tantôt par la manière dont ce regard se dissimule. D’autres personnages (souvent sans chapeaux ni cheveux) inquiètent, montrent leur désarroi. Leur regard perdu semble implorer – en vain? – un ciel vide de toute réponse... (https://mireilleansart.wordpress.com/theme-personnages/). Je ressens chez eux une multitude de solitudes qui tentent de s’accrocher, de s’enchaîner les unes aux autres.

            C’est dans les espaces, grands ou confinés, de l’œuvre de Mireille Gérard que je m’installe à plaisir. Solitude encore, avec des personnages qui pour la plupart tournent le dos. Peut-être pour fuir les réalités de ce monde. Mais ce serait tristesse. Leur être est tourné tout entier vers la grandeur des espaces, qu’ils soient presque déserts, peuplés de végétation ou d’arbre que la part du ciel soit mineure ou prépondérante, l’attitude n’est-elle pas un cri de liberté? On peut trouver cette liberté dans l’évasion, pour autant que l’on puisse se raccrocher, justement, à un élément vital.

M2

 

            Ne cherchez pas chez Mireille un ciel bleu, une herbe verte, des frondaisons aux couleurs chatoyantes de l’automne, même si l’artiste nous prodigue des rouges, des bruns et des jaunes dans toutes leurs nuances. Presque toute la désolation que l’on pourrait attribuer au contexte, aux personnages est contredite par la chaleur des tons employés. Regardez bien, dans l’exposition, des toiles qui voisinent. L’harmonie se vêt d’un contraste frappant, là encore tantôt dans l’apparence, tantôt dans le non-dit de l’«image», voire les deux.

             Je rêve d’une grande salle où je pourrais m’asseoir, regarder les toiles des grands espaces en alternance : les yeux ouverts, les yeux fermés, jusqu’au moment où je me retrouverais dans la toile, dans l’espace, où je parlerais à celle ou à celui qui y vit une existence figée. Je prendrais sa main, et nous serions le guide chacun de l’autre pour entreprendre cette marche vers la liberté, vers le bonheur. Pas de bonheur sans liberté, pas de liberté sans espace. Parler en silence, juste de regard à regard, pour dire que le bonheur est là, que la solitude du personnage s’estompe parce que je suis venu pour son bonheur. Pardon, je suis prétentieux. C’est lui, c’est elle, qui m’attendait, qui m’a tendu son cœur, m’a hélé d’une mèche échappée d’un chapeau, m’a séduit par son élégance...

M3

Au sortir de la torpeur, de ce bien-être merveilleux, il ne reste qu’à remercier l’artiste, lui dire que son rôle a été rempli, qu’elle m’a offert un lieu de sérénité et que le monde ne serait pas vrai sans artistes. Merci à toi, Mireille...

M4

Le grand large, cet immense espace de liberté vers lequel les personnages regardent,

et des mouettes qui, elles s'en viennent presque toutes vers ces personnages, vers nous. Elles viennent de cette liberté,

pour nous y inviter peut-être. Ou pour nous dire que la rencontre est là pour adoucir la solitude...

Jean-Luc Geoffroy