Page 702 - Georges Themelin
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Voiler


               Voiler, déformer : voiler, teûler.
               Voilage : el voiladge.
               Voir : voir, roîti (regarder.)
                    Revoir : r’voir, rèvoir.
                    Vois-tu : vois-t-te bin.
                    Voyez-vous : voyez-v’, voyez-v’bin, wez-v’ bin.
                    Voyez-moi ça : wâtez m’ ça.
                    Je voudrais bien vous y voir : djè voûrous bin v’y voir.
                    Ne croyez pas que je n’ai rien vu : dj’â des œils, là, mi (j’ai des yeux, vous savez, moi.)
                    On n’y voit rien : on n’y voit m’ dè pus què l’loup à s’cul (on n’y voit pas plus que le loup
                    à son derrière.)
                    Je suis bien vu par lui : djè sûs bin das ses papîs.
                    J’irai le voir demain : djè vèrâs lî dère bondjou d’mî.
                    Il n’y a rien vu, il n’a pas compris : i n’y è vû qu’don fû (il n’y a vu que du feu.)
                    On verra : on voirait, on voirait bin.
                    Voir le jour : voir el djou, v’nu aû monde.
                    Il était venu me voir : i m’avout v’nu voir.
                    Voir avec déplaisir (un importun) : voir à vî.
                    Voir avec plaisir : voir vlati.
                    Voir d’un mauvais œil : dèwâti, maûvoir.
                    Il va voir les filles, il courtise : i va voir les féyes.
                    Il est bien vu ici : i-l est bin vu touci.
                    Il m’en a fait voir (de toutes les couleurs) : i m’a-n è fât voir, i m’a-n è fât tout noir.
                    Va voir ailleurs si j’y suis : va voir in paû pus lon si dj’y sûs (un peu plus loin.)
                    Il doit la voir chaque jour : i n’passe mi in djou sas qu’i n’la voyiche (il ne passe pas un
                    jour sans qu’il ne la voie.)
                    Il voit toujours le laid côté des choses : i voit toudjous tafât aû pus lâd.
                    Quand on voit tout ce qui se passe maintenant : quand on voit ç’qu’on voit anû.
                    Je n’ai rien à voir avec tout ça : djè n’veux m’ête meulé à tout ça.
                    On ne le verra pas : ça n’sè voirait m’, les çoux passant pou n’aller à Paris en vèlo nè
                    l’voirant m’ (ceux qui passent pour aller à Paris en vélo ne le verront pas.)
                    Va te faire voir : va aû djâbe, va-t’a au djâbe.
                    Celui qui a une mauvaise vue : in vois-y-goutte, i-l est bon pou warder les oûyes (pour
                    garder les oies.)
                    Visible : visibe, qu’on peut voir.
                    Invisible : invisibe, qu’on n’sarout voir.
                    Au revoir : a r’voir.
               Voisin : (el) voisin, att’nant (attenant), boutant (qui touche par le bout), in royère (voisin direct.)
                    Voisiner : tinre aveu, ête royère.
                    Voisinage : el voisinadge, l’att’nance.
                    La maison voisine : la mâjon d’à coté.
                    Des espèces voisines : des bîtes qui s’res’nant (qui se ressemblent.)
                    On a un nouveau voisin : dj’avans in nouvî voisin.
                    Ils vivent en bon voisinage : i s’atadant bin atère voisins.
                    Ils habitent dans le voisinage : i restant mi lon dè-t touci, das l’coin.
                    Être toujours fourré chez les voisins : hanter les voisins.
               Voiture : ène voiture (attention, ène voiture dè fon c’est une charretée de foin), ène aûto (qu’on
                    peut aussi pron. oto.)
                    Cabriolet attelé : ène voiture.
                    Voiture (à cheval) en mauvais état : ène bagnole.
                    Son contenu : ène bagnolâye.
                    Vieille voiture : ène halote.




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